T’aï chi ou la Voie sans effort…

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Par Li Shan.


Pourquoi votre pas est-il si lourd et empressé,
votre regard éteint,
vos bras et vos épaules si lourdement chargés ?
Relâchez donc vos bras et abandonnez toute Idée…

Ce que nous faisons ici n’est rien d’autre que l’étude du Tao.

Pour autant, il n’y a aucune enquête à mener,
aucun lieu spécial à visiter, aucun savoir à acquérir…

S’éveiller à ce que nous sommes n’est pas une question de moyen, de labeur, d’exercice, de pratique…

C’est une affaire de cœur !

Sinon, après toutes ces années à bêcher, pourquoi être encore si inquiet ?

« Relâchez… ! »,  répétait le vieux Cheng…
« Ne résistez pas, restez détendu quoi qu’il arrive ! », rappelant que la pratique n’est pas une bataille contre soi.

Qu’est-ce que la pratique du Taïchi ?

La Danse du Tao !

Or, on ne peut danser, être spontané et être enfermé à la fois…

La quête du Tao n’est pas celle de l’effort humain !
Cette pratique est une non-pratique, une pratique sans limite…

Nous sommes bien plus que ce que nous voyons, pensons et sentons de nous-mêmes…
et cette révélation de ce que nous sommes au-delà de toutes nos limites n’est pas du domaine de l’effort, du labeur,

mais une Voie du cœur… du coeur-esprit.

Il n’y a aucun obstacle sur la voie de la douceur, on ne peut qu’y approfondir l’immensité de son propre cœur.

Cette voie, cette quête du Soi, exige un demi-tour complet,
que nous tournions notre regard vers l’intérieur et que, dans le silence de cette Présence silencieuse,

nous laissions être ce qui est là depuis toujours…
sans intervenir, sans saisir, sans filet, sans fusil, sans bride…

Cette simplicité de l’être ne suppose aucune stratégie,
aucun artifice,
aucune connaissance, savoir ou apprentissage,
aucun enseignement,
aucune liste de pratiques à accomplir,

Cela a à voir avec le vent et le printemps qui fait éclore dans le jardin, la pivoine sous le vieux pin…
Si vous avez des racines, vos fleurirez à sa venue…

La beauté et l’harmonie surgissent spontanément pour qui est enraciné dans l’être (plutôt que dans le faire).

L’objet ici est d’atteindre ce lieu sans lieu, toujours présent, et de vivre dans cet espace ouvert où tout coule comme un long fleuve tranquille, se manifeste comme une fontaine d’eau vive… dans laquelle se reflète la Clarté de notre visage originel. Qu’en diraient les mots ?

 

S’éveiller n’a jamais été une question de pratique, de vouloir,
Encore moins de parole ou de personne.

Le but n’est pas de croire en quelque chose,
mais de réaliser au plus intime l’espace infini de notre propre vie et de témoigner de cette Grandeur que nous sommes.

C’est alors, lorsque l’on risque la légèreté,
que la fleur du Coeur éclot d’immensité,
libérant les effluves de Paix, de Joie et d’Amour.

Je vous souhaite un bel été !